Coups de gueule·Mes humeurs et ma life

Mieux vaut ne pas mourir au mois d’août

C’est avec un titre un brin provocateur que je commence mon coup de gueule du jour.

J’aimerais vous parler de ce couple originaire de Bourgogne, un village près de Reims, morts de déshydratation dans un désert du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis.

Ma première réaction face à ce battage médiatique qui a lieu en ce moment c’est la colère. La colère pour ce petit garçon qui a survécu au drame et qui en plus de la peine d’avoir perdu ses parents dans de telles conditions aura toute sa vie les paroles de ces journalistes en boucle :

Inconscience, négligence, imprudence, sacrifice.

Comme souvent,  autant la presse écrite que la presse audio-visuelle, sans oublier internet tous se sont emparés de cette actualité sans prendre de forme. Oui, nous sommes au mois d’août, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent pour ces pauvres journalistes. Sans attendre les résultats de l’autopsie, sans attendre le retour de l’enfant, le sujet est bouclé. Cela va durer quelques jours pour occuper les spectateurs et les lecteurs, mais ces quelques jours resteront gravés dans le marbre pour ce petit garçon survivant.

Qu’il est difficile d’imaginer ce qui peut se passer dans la tête de ce futur adolescent quand il reviendra sur ce drame à travers les écrits qu’il retrouvera plus tard un peu partout ! Quand il lira aussi les commentaires des internautes à propos de ces articles de presse, commentaires parfois abjectes. Lorsqu’il revisionnera l’interview de son grand-père juste après l’annonce du décès de son fils et de sa belle-fille.

Si le drame était survenu à un autre moment de l’année, est-ce qu’il aurait fait les gros titres des journaux? Combien d’autres tragédies sont passées sous silence : accidents de randonnée en montagne, noyades, accidents de la route…

Mais, ces jours-ci, l’actualité était bien légère. Le 20 heures se nourrissait des reportages habituels en période estivale :  les crèmes solaires, les piqures de méduses, les bouchons sur la route des vacances…. cela devenait monotone.

Je le répète : mieux vaut ne pas mourir au mois d’août.

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6 réflexions au sujet de « Mieux vaut ne pas mourir au mois d’août »

  1. l’information va trop vite, les journalistes ne sont pas assez conscients du mal qu’ils font aux personnes concernées par certains événements. On est révolté par les comportements journalistiques mais on est dans une spirale ou tout doit être rapide, il faut aller plus vite que les voisins , faire de l’audience!! c’est déplorable mais maintenant c’est inscrit dans le système et on ne changera plus rien malheureusement
    bonne journée .Bisous

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  2. Ce sont surtout les petites chaînes d’info t.q. BFM et iTélé qui ont tendance à tourner en boucle dès qu’elles ont « un os à mordre » comme dit mon père. Ayant peu de moyens et de reporters, elles ressassent le moindre évènement et cela peut être un fait divers comme celui-ci si l’actu est un peu en mode veille. Par contre, ce que je trouve encore plus terrible pour ce petit garçon, qui a expliqué que n’étant partis dans le désert pour l’après-midi avec seulement 2 petites bouteilles d’eau de 50 cl pour 3, ses parents lui ont fait boire 2 gorgées à chaque fois qu’eux n’en buvaient qu’une chacun, ce qui lui a sauvé la vie, c’est la culpabilité avec laquelle il va grandir. Non seulement il est privé de ses parents bien jeune mais en plus il aura la culpabilité du survivant et se dira que lui, il est là parce que ses parents se sont sacrifiés pour lui. C’est terrible cette histoire à tous points de vue, le fait lui-même, les circonstances, les paroles et avis des journalistes et de monsieur et madame tout le monde, alors que peut-être c’est juste un oubli dans le sac au départ, chacun ayant pensé que l’autre s’occupait des autres bouteilles d’eau.

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  3. « Petites chaînes d’infos […] Ayant peu de moyens et de reporters » ? J’en doute grandement. Les journalistes choisissent leurs « sujets phares » en fonction de leur attractivité pour le lecteur/auditeur/spectateur. Et il se trouve que ce genre de sujet choque et interpelle. La preuve, c’est que nous en parlons ici. Certes, c’est cruel. Mais peut-être qu’en exposant ce genre d’histoire, certaines personnes éviteront de faire la même erreur.
    Quant à ce « sentiment de culpabilité » dont vous parlez, c’est vous qui l’interprétez. Et il naîtra si des gens lui mettent ça dans la tête. Il peut tout autant penser que ses parents l’aimaient et se sont sacrifiés pour lui. Tout dépend de ce qu’il entend et du comportement des proches qu’il lui restent.
    Quoi qu’il en soit, je suis d’accord que c’est une histoire dramatique pour cet enfant, et cet acharnement médiathèque n’arrange rien. En espérant que ceux qui s’occupent de lui à présent vont le protéger de tout ça… Merci pour ce petit article qui fait réfléchir. 🙂

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