Les passagers de l’aube : rencontre avec Violaine Arsac

Je vous l’ai annoncé il y a quelques jours, à partir du jeudi 9 janvier, vous pourrez assister à la pièce Les passagers de l’aube, à Paris, au théâtre 13, écrite et mise en scène par Violaine Arsac.

les passagers de l'aube

A l’occasion de la première, j’ai pu poser quelques questions à Violaine Arsac.

Violaine Arsac les passagers de l'aube

Bonjour Violaine,

Je suis impatiente et curieuse de découvrir jeudi 9 janvier votre pièce : les passagers de l’aube.

Le thème m’intéresse au plus haut point (et j’ai bien l’impression qu’il n’a pas été souvent développé au théâtre) et les critiques que j’ai pu lire un peu partout sur le web sont toutes positives. J’ai adoré la critique du magazine Marianne : « De la densité de l’intrigue à la mise en scène, cette pièce de Violaine Arsac réussit partout, et d’abord sur le fond. »

J’ai fait quelques recherches, et il apparaît que vous êtes arrivée dans le milieu théâtral un peu par hasard. Pouvez-vous raconter votre parcours à mes lectrices ?

C’est vrai. Je viens d’un milieu dont le théâtre était totalement absent. J’ai grandi dans un petit village. C’est seulement en arrivant à Paris pour ma 5ème année après le bac que j’ai mis un pied dans un cours de théâtre, au départ pour être moins timide. Là j’ai su en une fraction de seconde que ce milieu allait devenir le mien. J’ai donc commencé à prendre des cours sur un rythme professionnel tout en terminant mes études. Je me suis aussi mise à lire des pièces, beaucoup de pièces, car je n’avais aucune culture théâtrale. Je suis ensuite entrée dans la vie active tout en continuant les cours. Puis j’ai abandonné mon travail en entreprise. J’ai d’abord travaillé en tant que comédienne quelques années, avant de trouver ma voie dans la mise en scène et l’écriture.

Vous semblez très soucieuse de donner un sens à votre écriture, vous abordez des sujets actuels et bien précis, pouvez-vous nous en dire plus sur vos choix ?

Le théâtre est un outil multiple, qui permet toutes les fantaisies, tous les sujets. Pour ma part j’aime mettre sur scène des thèmes qui parlent du monde dans lequel nous vivons. Qui me questionnent et peuvent questionner les spectateurs. Je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi. C’est ce qui m’anime et ma façon de me sentir à ma place.

L’histoire des passagers de l’aube s’appuie sur des faits réels et scientifiques et porte sur le sujet de l’expérience de mort imminente. Que se passe-t-il dans ce fameux tunnel entre la vie et la mort ?

Pourquoi ce sujet ?

N’ayant pas fait d’EMI moi-même, je ne peux pas vous dire ce qui se passe dans ce tunnel. Je n’en sais que ce que j’ai pu en lire. Quant au sujet, j’ai eu très envie de confronter un point de vue scientifique avec des faits que la science n’arrive pas à expliquer. Car c’est précisément là où en est le monde. Nous sortons de presque quatre siècles de toute puissance de la matière, en occident tout au moins. Et pourtant il y a de plus en plus de phénomènes que la science n’explique pas et sur lesquels certains scientifiques se penchent. Nous sommes en train de changer de paradigme. Par ailleurs, de plus en plus de personnes sont en quête de sens. La réussite matérielle n’est plus obligatoirement suffisante. Les questions sur le sens de notre existence et sur l’après reviennent sur le devant de la scène. Que devient-on quand on quitte cette vie ? Mais aussi que devient l’amour qu’on a éprouvé ? Cet amour est-il une énergie ? Continue t’il après nous ? C’est passionnant !

Violaine Arsac les passagers de l'aube

Quels ont été vos choix de mise en scène ?

Un décor modulable, qui permet de suggérer différents espaces, tout en laissant de la place à l’imaginaire du spectateur. Un gros travail sur la fluidité pour passer d’une scène à l’autre sans qu’il n’y ait jamais de noir dans la pièce. Et la présence de quelques instants mis en place par notre chorégraphe, pour que le corps et l’émotion puissent prendre le relai des mots et de l’intellect.

Remettez-vous en cause notre médecine contemporaine occidentale par rapport à d’autres médecines plus comportementalistes abordant le corps humain une toute autre façon ?

La médecine occidentale est formidable sur bien des points. Je crois simplement qu’il est bon de la compléter par d’autres approches et de rester ouvert à la façon plus globale d’envisager le corps qu’ont certaines autres médecines, traditionnelle chinoise ou ayurvédique par exemple.

L’être humain s’est toujours demandé : y a-t-il une vie après la mort ? Ressort-on de votre pièce avec une certitude et est-qu’il peut exister une certitude ?

On ne ressort évidemment avec aucune certitude de ce spectacle : ce serait bien présomptueux de ma part  Je crois que c’est une conviction intime, qu’il est essentiel de respecter les croyances de chacun.

J’ai entendu parler d’une nouvelle pièce en prévision pour Avignon 2020, pouvez-vous déjà nous en dire plus ?

J’ai écrit une deuxième pièce qui s’appelle « La Dernière lettre », qui se jouera effectivement à Théâtre Actuel lors du prochain Festival d’Avignon. C’est une intrigue judiciaire liée à un thriller intime. L’histoire de deux femmes face à un enjeu impensable. Un questionnement (encore un !) sur notre conception de la justice, et sur ce qu’on appelle la justice réparatrice. C’est une pièce à quatre comédiens, dont deux déjà présents « Les Passagers de l’aube ».

Un grand merci à Violaine Arsac et Mara Villiers.

Violaine Arsac les passagers de l'aube

AU THEATRE 13

du 9 janvier au 9 février 2020.

Du mardi au samedi à 20h. Le dimanche à 16h.

1h25 sans entracte, tout public à partir de 14 ans

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